FRAGONARD

FRAGONARD

Chapitre 15: Duo au clair d'étoiles. Fin du livre

DUO AU CLAIR D’ETOILES

 

Quinze jours plus tard.

― Je n’en pouvais plus… J’avais le cœur qui battait, qui battait…

Comme… comme une boule de feu qui te brûle les côtes ! D’un coup le cerf-volant est tombé… Je savais que j’avais gagné ! Hakim a couru vers moi…

Depuis on fait de ces courses ! Wawawaooouuuuuhhhhh ! Il ne boite presque plus.

Et je suis devenu le chien au cerf-volant. De l’ULM au cerf-volant, voilà mon histoire !

Fragonard songe avec amusement à sa phrase fétiche mais il sent qu’elle est bien loin maintenant dans un petit coin de sa tête puisqu’il S’EST familiarisé.

― «  J’ai Hakim et vous mes amis chiens : Haram, Momo et Mimi, Djibouti et puis toi ».

Fragonard se tourne à demi vers Zanzibar. Aussi improbable que cela puisse paraître, on peut le voir désormais déambuler en compagnie de l’impressionnant molosse. Quelquefois, quand Djibouti est avec eux, ils se promènent tous trois, de front, le long de la plage.

― Et Véda… ? ose demander Zanzibar.

― Je ne l’oublierai jamais. Maintenant son souvenir se mélange à tout ce que je vis : notre petite place aux platanes, elle est ici au bord de la plage, la couleur de ses yeux, elle est ici dans les sacs de muscade de la médina. Elle est dans tout sans que je la voie.

― Alors, tout va bien ?

― Tout va bien mais je reste un chien du froid, de la neige. Il y a des choses qu’on ne peut remplacer, qui font partie de nous à tout jamais où que l’on soit.

―Wah, wah, wah, wah, wah,wah… Oui, la neige !…

― Wah, wah, wah, wah,wah,… La douceur de la poudreuse sous les coussinets comme si tu courais sur un rêve… Et l’odeur froide des flocons dans les matins glacés.

A cette évocation tous deux se sont assis. Au loin roule l’océan. Les étoiles qui petit à petit sont apparues, comme sous l’effet d’un enchantement, ont fait de la voûte céleste un gigantesque lustre de diamants.

― Wah, wah, la neige, qui tombe sur ton dos comme une pluie d’étoiles fondantes…

― Wah,wah, wah, wah, wah, wah, la neige de toutes les couleurs : bleutée à l’ombre des cèdres, rouge sous la poussière des vents du Sud…

― Wah, wah, wah, wah, wah, wah, … qui effleure ton museau comme le duvet de ta mère jadis.

― Wah, wah, wah, wah, wah, la neige sur le Bou Ibane et le Jbel Hayyane, comme du sucre descendu du ciel.

― Wah, wah, wah, wah, wah, la neige froide et lente qui t’enveloppe comme un porte-bonheur.

― Wah, wah, wah, wah, wah, la neige comme un grand silence qui se pose.

― Wah, wah, wah, wah, wah, wah, la neige comme une épaisse fourrure sur ma niche.

Si quelqu’un les avait aperçus ainsi au bord de l’eau, il aurait vu briller au fond de leurs yeux une étrange étincelle.

 

 

 

 

Dis, petite étincelle qui es-tu ?

Flocon de neige ou Reflet d’écume ?

 

 

 

                                             

 

 

 

 

 

FIN

 



20/09/2020
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