FRAGONARD

FRAGONARD

CHAPITRE 1. Où FRAGONARD S'EN VA-T-IL?

....Au Maroc! Parti d'Aix Les Bains avec ses maîtres pour leur retraite, il va devoir se "familiariser" comme il dit.

Voilà comment commence l'Histoire de Fragonard!!

 

 

Chapitre 1

 

Bonjour les chameaux

 

Tiens, tiens, salut les monstres à bosses. Y aurait-il un cirque par ici?

Fragonard , un fougueux Labrador, laisse errer son regard sur une dizaine de chameaux progressant majestueusement le long de la plage, montés par des touristes ravis.

Les gens sont fous de se promener là-dessus! ça ne doit pas être confortable! Enfin, chacun est libre de faire la malin comme il veut. Très peu pour moi! J'imagine bien ma maîtresse qui fait toujours la fine bouche se laisser ballotter comme ça.

- Oh, Jean, regarde! Une balade à dos de chameaux, ça te dirait? Je sais, ce n'est pas très original mais j'en ai envie. Toujours prendre de la hauteur quand on arrive dans un nouveau pays, c'est ma devise!

Pfftt!

- Aurore, tu m'amuses! A peine ici au Maroc, nous devrions faire une promenade à dos de chameaux! Ah là, là, les traditions!...

Moi, justement j'aime quand c'est toujours pareil!

- Tu veux de la hauteur? Vraiment? Que dirais-tu d'un petit tour en ULM,

- Non, franchement non!

En attendant, je vais aboyer en passant à côté de ces bestioles. Ce n'est pas parce que ces chameaux sont gigantesques que je vais me coucher! Ils ont l'air fier avec leurs grosses lèvres! Un aboiement bien sec; on va avoir l'effet que ça leur fait!

- Wah!

Qu'est ce que vous en dites?

Rien? Même pas un petit écart!

Snobs, va! Même pas un regard non plus! De toute façon, je n'attends rien. Je me ferai des amis si je veux. Si je rencontre un autre congénère, je lui dirai bonjour mais je ne cours après personne moi!

Et si... Et si j'essayerais autre chose... Leur mordre la patte, pour voir... Ce serait moi, le chameau! Hi, hi, hi!

Fragonard se rapproche subrepticement d'un des dromadaires et d'un coup mord ce qui est à, sa portée. Quelle panique! Le troisième chameau affolé se rue sur le second qui percute le premier qui échappe au chamelier et se met à courir d'une manière effrénée sur la plage balançant étrangement son long cou à la manière molle d'une marionnette! Toutes les autres bêtes se mettent à suivre le mouvement alors que les touristes se cramponnent tant bien que mal à leurs selles. Leurs visages sont blancs comme des linges. Certains crient, ce qui affole encore plus les animaux. Une femme manque de tomber.

Je fais mon petit effet!

- FRAGONARD!

Hou là, c'est la punition assurée!

- Tu n'as rien trouvé de mieux pour te distinguer dès notre premier jour à Essaouira! Viens ici immédiatement. Je t'attache. Tant pis pour toi si tu ne cours plus aujourd'hui.

Tandis que Jean se dépêche de rattraper le chamelier pour s'excuser, Aurore d'un geste ferme met la laisse à Fragonard en la raccourcissant au maximum.

Bourreau d'animaux! Si on ne peut plus s'amuser!

- Et je suppose que que tu trouves ça amusant? Tiens, elle joue les voyantes maintenant ! Normal! Quand elle est en colère, ses yeux... Eh bien, on dirait deux boules de cristal! Bonjour le monstre aux yeux globuleux!

- Et tu n'auras pas ta pâtée! Juste des croquettes!

Non merci. Je n'en veux pas de toute manière... Parce que mes croquettes, vous ne les avez même pas emportées et je n'aime pas le changement, moi! Surtout le changement de nourriture! ça rend malheureux. Je suis malheureux. Par mon oreille qui me gratouille ça fait du bien de se le dire. JE SUIS MALHEUREUX, JE SUIS MALHEUREUX. MAL HEU REUX...

Jean revient tout essoufflé.

- Nous avons discuté. Tout va bien maintenant. Le chamelier était très mécontent, heureusement, les touristes l'ont pris avec le sourire. Un chic type m'a même soutenu en disant que l'incident avait un peu pimenté la promenade.

Pimenté? Beurkk!

Fragonard pour oublier sa colère, se met à ignorer ses maîtres. Il détourne la tête et regarde l'océan. A perte de vue roulent les vagues, aussi brillantes qu'une flottille de miroirs. Ces reflets le calment très vite et bientôt des pensées plus positives lui envahissent l'esprit. Il doit l'admettre, le spectacle est beau, envoûtant. Il se met à penser, contre toute attente, que l'écume ressemble un peu à la poudreuse de ses montagnes natales, loin, très loin en Savoie. Comme les mots que l'on inscrit sur le sable mouillé des plages, du bout des doigts, une phrase est en train de s'écrire dans son coeur: l'écume est la neige de la mer... Oui, c'est ça!

 

 

 

Tranquillement, ils remontent tous les trois en direction du port. Le ciel et l'océan confondent leur couleur. De l'air que l'on respire jusqu'aux barques de pêcheurs se dandinant au gré des vagues, tout est bleu. Les paroles de ses maîtres semblent lui parvenir comme assourdies par l'épaisseur de l'air.

- Jean, tu ne trouves pas que Fragonard est bizarre aujourd'hui? Il n'aurait jamais fait ça à Aix les Bains!

- Rien d'étonnant, tu sais, depuis hier on lui en a beaucoup demandé: prendre l'avion, changer de pays, de climat...

-Tu as raison.

Je confirme, je confirme...

Mais il va vite se familiariser avec tout ça, rajoute Aurore en montrant le décor.

D'un coup la colère de Fragonard refait surface.

ça, ça m'étonnerait! Et mes copains alors, ma niche, ma panière, mon jardin, mes arbres, MES CROQUETTES! Mes chères croquettes! Je n'ai plus rien, je ne suis plus rien... Juste un "poil de moi même"!

- Oh, Jean regarde! On m'avait dit que les remparts de la ville étaient magnifiques mais de là à les imaginer si majestueux!

Malgré lui, Fragonard lève le museau et ce qu'il voit l'impressionne: de beaux remparts forment une ceinture de pierres trouée par endroits de grandes ouvertures par lesquelles passent des bouches de canons

Du coup chacun en reste bouche bée!

Sur les rochers en contrebas, les vagues se fracassent avec vigueur. Une nuée de mouettes tournoie juste à côté de Fragonard, certaines se posent. Une furieuse envie de leur courir après fourmille dans les pattes du chien mais entravé comme il l'est, il doit renoncer.

Vous ne perdez rien pour attendre les piailleuses!

Quelques mètres plus loin, ils se trouvent face à une grande porte en forme d'arche.

C'est magique ici, les remparts... l'arche. On dirait la porte d'un palais. De la dignité! Je pose la patte comme un seigneur. Je marche comme le roi des rois, le pharaon des pharaons...

Tu te dépêches oui! Qu'est ce que tu as à traîner comme ça maintenant. Franchement Jean, je ne reconnais plus Frafra.

Elle a bien dit Frafra! Ce surnom ridicule m'horripile! Grrrrr! Mais, ça sent la fin de punition! Je vais faire mes yeux de chien battu en prime!

- Jean, on pourrait peut-être le détacher?

Qu'est ce que je disais!

-Il a l'air malheureux. C'est calme dans la médina même s'il y a beaucoup de monde.

-Vas-y, va, autorise Jean d'un ton pacificateur.

La solidarité entre mâles, ça existe, non mais!

Une foule impressionnante de personnes, des touristes surtout se croise dans un dédale de ruelles bordées par un nombre incalculable de commerces. Des tapis sont entassés un peu partout, tandis que des coussins forment des piles colorées. Des babouches n'attendent que des pieds pour être chaussées. Des bijoux brillent sur les étals à côté de jolies boîtes en thuya toutes marquetées, fermées sur leurs secrets. Tout ceci à perte de vue.

Ils pénètrent maintenant dans le quartier des aliments qui mettent immédiatement tous les sens de Fragonard en alerte.

Oh, c'est le paradis des odeurs ici! Hummmm, hummm... Il y en a des centaines! Je vais avoir la truffe comme un chou-fleur, moi! Au secours! Quest-ce que c'est que tous ces petits sacs pleins de poudres! Jaunes, rouges, vertes, noires. Je vais mettre ma truffe sur ce truc jaune. Sympathique! ça a une petite odeur... comment dire? ...Orangée...

Hou là, hou là là là, je sens que je vais éternuer... Aaaaa...TCHOUUM!

-Hé, toi là-bas, tu laisses ma coriandre tranquille. Mets le museau dans toutes mes épices pendant que tu y es! Allez, ouste, va-t-en!

Oh ça va, je fais des tentatives d'approche tout en douceur et on me rejette!

Je continue quand même mon petit tour. Tiens, on dirait des gâteaux qui sentent...qui sentent ... Je ne sais pas trop!

Mais qu'est-ce que je vois là par terre? C'est... un portefeuille. Je vais le mettre dans ma gueule et aller le donner à Aurore et Jean. Ils sauront quoi en faire, eux. Hop là, bien au chaud. Il ne faut pas que je bave dessus!

-Arrêtez ce chien, arrête-le, il vient de pisser sur mes épices ( Ah oui? Tu peux être sûr que je m'en souviendrai!) et maintenant il vient de voler un portefeuille! Arrêtez-le, arrêtez-le!

J'aurais dû faire la sieste sur les filets au port au lieu de jouer les serviables! En attendant, fonce, mon vieux fonce...Oh là, mon collier s'est accroché. Mince, on dirait qu'on me retient.

Fragonard tourne brusquement la tête dans l'intention de se dégager ou de mordre, le cas échéant, mais ce qu'il découvre le laisse pantois: c'est un enfant qui prend sa défense, de surcroît!

-Laissez-le, laissez-le, c'est mon chien... et il n'a rien volé! Il me ramène mon porte-monnaie

Le paradis existe!

Merci mon gars, tu m'as sauvé la vie!

-Tu sais parler?

 

 A SUIVRE ....

 

 

 

 

 

 


 







 




 



 


 


 


 




 

 



 


 



03/01/2013
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 6 autres membres